Le risque et la responsabilité de prospérer

Publié le 1 septembre 2015, par Gosselin, Francis

Lorsqu'on réfléchit à la prospérité d'une société, on évoque souvent ses entrepreneurs, ses politiciens, ses artistes, ses enseignants. Plus rarement pense-t-on aux banquiers, ces hommes et ces femmes dont c'est le métier de rendre possible la croissance économique par le prêt et l'épargne. Ils constituent pourtant un levier crucial de notre prospérité collective.

Au Canada tout particulièrement, la stabilité reconnue de notre système bancaire est un exemple d'organisation largement admiré au niveau international. C'est ce régime qui a permis d'éviter en grande partie la crise de 2008. C'est, de manière générale, l'un des instruments prépondérants de notre prospérité collective.

Le rôle des banques est souvent critiqué. Dans l'imaginaire collectif, l'idée de "faire de l'argent avec de l'argent" est vite associée à l'usure et au crédit à la consommation. Pourtant, la partie la plus significative de l'activité bancaire correspond à un travail réel et essentiel: celui de l'affectation efficace de notre épargne commune envers des projets utiles et désirables.

Un équilibre précaire

En cette ère de taux très bas, le coût de l'argent est effectivement peu élevé, ce qui augure bien pour de nouveaux projets d'investissement et d'entrepreneuriat !

Et c'est là où le rôle des banques, en tant qu'intermédiaire de marché dans les décisions d'affectation du capital, est réellement crucial. Au cours du siècle dernier, les grandes banques sont devenues expertes dans l'identification et l'évaluation des risques d'un projet d'investissement.

Devant notre enthousiasme souvent débordant face à nos projets passionnants, les banques nous rappellent la grande volatilité du marché, la présence de compétiteurs, nos inclinaisons à la surenchère…Ce rôle des banques, parfois perçu comme celui d'éteignoir, agit plutôt comme pilier de notre responsabilité collective.

C'est lorsque les banques oublient ce rôle premier qu'elles mettent en péril la prospéritédes sociétés. Si la prospérité est un équilibre, c'est un équilibre précaire.

Des acteurs au cœur de la prospérité

En tant qu'acteurs de la prospérité, les banques jouent aussi un rôle important dans le développement des innovations. Par des programmes nombreux d'aide au démarrage d'entreprises, la collaboration avec des institutions publiques permettant d'obtenir des garanties de prêt à l'innovation (on pense au programme Créativité Québec développé par Investissement Québec), jusqu'à la participation parfois active au capital des entreprises dont elles se font les partenaires, les banques sont des acteurs incontournables.

Elles sont également de plus en plus impliquées directement dans la promotion de l'entrepreneuriat, particulièrement avec les entreprises en démarrage. En Europe, certaines des plus grandes banques organisent des hackathons et incubent des startups à même leurs activités courantes.

Chez nous, ces associations passent par la commandite d'événements, comme la Banque Nationale l'a fait avec FailCamp, l'embauche de petits fournisseurs, le soutien de programmes de formation en entrepreneuriat, ou l'octroi de bourses et de prêts pour des projets à vocation sociale et environnementale. La contribution de Desjardins et de la Banque Nationale à la Fondation Montréal Inc. est un exemple de tels partenariats. Le soutien de Jacques Ménard de la BMO à la grande fanfare appelée JeVoisMTL en est un autre.

De plus en plus, les grandes banques et coopératives de crédit sont des acteurs sociaux responsables, mettant de l'avant des principes comme le développement durable, la diversitéde la main d'œuvre et l'égalité des chances.

À la recherche d'un équilibre entre rentabilité et responsabilité, les banques sont des acteurs incontournables de la prospérité. Nous ferions bien de nous en inspirer.

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