Soutenir les entrepreneurs immigrants

Publié le 24 septembre 2015, par Auclair, Kim

Depuis quelques années, de plus en plus d’immigrants choisissent de quitter leur pays d’origine pour s’installer au Québec avec le souhait, pour la plupart, d’améliorer leur situation économique. Ils proviennent majoritairement de l’Iran, de la France, de l’Algérie, de la Chine et d’Haïti. Pour certains, trouver un emploi rapidement constitue la situation idéale et pour d’autres, il s’agit  plutôt de devenir entrepreneur en créant son propre emploi.

M. Michel Fortin, directeur général du SAJE accompagnateur d'entrepreneurs, le confirme : «  Les immigrants sont de plus en plus nombreux à se lancer dans l'aventure entrepreneuriale. Au SAJE accompagnateur d'entrepreneurs, nous sommes passés de 5 %à 22 % de clientèle issue des communautés culturelles en 15 ans. »

Selon M. Francis Bélime (président de Akova), entrepreneur immigrant lui-même et dirigeant du site Destination Québec qui publie une foule de ressources et d’informations utiles  en ce qui a trait à l’immigration au Québec, l’entrepreneuriat est aussi pour les immigrants une alternative pour éviter le chômage qui est en effet supérieur à celui des Québécois de souche : « Les avantages, pour eux, de se lancer en affaires au Québec sont les mêmes que pour la majorité des Québécois : l’autonomie, réaliser un rêve, s’accomplir, etc. » Il poursuit en disant que faire des affaires dans un pays qui n'est pas leur pays d'origine représente toutefois pour eux un double défi. Ils ont d’abord le choc culturel. Ils doivent chercher du financement ainsi que trouver l’information nécessaire pour bâtir leur entreprise. Leur principal handicap serait de développer un réseau de contacts efficace : «  Il est très important de travailler ce point, à mon sens, pour encourager la réussite des entrepreneurs immigrants ».

Parmi les ressources disponibles, comptons à Montréal, le SAJE accompagnateur d'entrepreneurs, créateur du guide ImmigrAffaires qui  informe les immigrants et les outille sur les particularités du modèle d’affaires québécois. Il y a également Femmessor qui a mis sur pied différents programmes de financement consacrés aux femmes immigrantes, le Fonds d'emprunt Québec et son offre de microfinancement, l’organisme Ressources Entreprise qui apporte de l'infoconseil et des données du marché ainsi que la Conférence régionale des élus (CRÉ) de Montréal qui facilite l’intégration professionnelle des immigrants sur l'île de Montréal. S’ajoutent à cette liste, toutes les chambres de commerce au Québec qui organisent  plusieurs événements permettant aux immigrants d’augmenter leur réseau de contacts.

Rappelons que les entrepreneurs immigrants créent de la valeur au même titre que tout entrepreneur né au Québec. M. Fortin ajoute qu’ils peuvent créer des entreprises innovantes en apportant de nouvelles idées inspirées de leurs cultures d’origine. De plus, selon M. Bélime, ils peuvent contribuer à la vitalité de nos exportations en tissant des liens avec leur pays d'origine. Enfin, il cite une initiative de la Banque de Développement du Canada (BDC)  qui évalue l’activité entrepreneuriale dans les différentes provinces du Canada. La BDC a voulu savoir, entre autres, s’il y avait une grande différence dans la proportion d’entreprises créées par des personnes nées au Canada et par des personnes issues de l’immigration. Les résultats en date de 2012 démontrent que les immigrants ont une fibre entrepreneuriale plus développée que les personnes nées au Canada.

À vous la parole maintenant : à votre avis, encourageons-nous suffisamment les entrepreneurs immigrants ?

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