La mobilité intelligente pour décongestionner la ville

Publié le 11 mai 2016, par Perrin, Olivier

À Montréal, nous nous trouvons dans une situation particulière avec des conditions de plus en plus difficiles pour circuler :

-        Une île avec les fragilités que cela comporte notamment au niveau de l’accès avec les ponts qui eux-mêmes sont vétustes et en travaux régulièrement

-        Un taux d’immatriculation annuel très important multipliant le nombre de véhicules sur place

-        L’insuffisance de stations de métro pour couvrir l’étendue du territoire

-        Des travaux nombreux accentuant les problématiques de circulation

-        La neige en hiver qui peut paralyser également la ville en cas de fortes chutes

-        La lenteur des trains

-        La grandeur de l’île qui augmente le temps en bus pour aller d’un point à un autre

Hors, si Montréal veut devenir une capitale Smart City et continuer à se développer comme le souhaite le maire et le Bureau de la ville intelligente, elle devra apporter et combiner des solutions pour optimiser la circulation et décongestionner la ville afin d’attirer les investissements et permettre aux employeurs et employés locaux de pouvoir simplement se rendre à l’heure au travail, et ce tout en étant dans une vision de développement durable et de réduction des effets de la pollution.

Citons quelques solutions en émergence pour y parvenir :

-        Le transport multimodal avec des applications de géomatique pour les usagers : combiner plusieurs modes de transport au meilleur moment (voiture, vélo, à pied, train, métro, bus…)

-        Le covoiturage : d’une ville à l’autre ou pour une grande entreprise, fidéliser ses employés en développant des solutions de partage de véhicules

-        Les applications de stationnement : elles permettent de réduire le temps de recherche d’une place  mais aussi de pouvoir payer à distance. Les contraintes actuelles sont qu’elles ne fonctionnent pour l’instant que dans certains quartiers de la ville

-        Les espaces de « coworking « qui permettent à des travailleurs autonomes ou PME de louer un espace fonctionnel, flexible et potentiellement collaboratif tout en restant proche de chez eux

-        Les tiers-lieux : des tests en France et au Québec se font notamment avec des succursales bancaires pour utiliser une partie en mode « coworking » et permettre à des employés qui n’auraient pas le temps de rentrer au siège de leur entreprise au centre-ville par exemple d’avoir accès à un bureau tiers-lieux proche de chez eux ou de l’endroit de leur rendez-vous. Cela permet de rentabiliser des espaces vides dans les nombreuses succursales pour l’hébergeur et de réduire considérablement le temps de transport

-        Le non-transport ou le télétravail : des entreprises PME ont choisi de passer à 100% en télétravail et d’organiser des réunions d’équipe en louant des salles lorsque cela est nécessaire. D’autres grands groupes partagent le temps de leurs employés en leur accordant 1 ou 2 journées par semaine pour travailler directement de la maison surtout dans des domaines de la virtualisation ou en technologies de l’information.

-        La voiture électrique (Tesla) ou le taxi électrique (Téo Taxi à Montréal) : cela reste encore marginal et coûteux mais cela montre le chemin à suivre pour démocratiser le transport électrique

Et demain, la voiture électrique autonome? Google et différents constructeurs comme Renault-Nissan se préparent en vue d’offrir une voiture électrique et autonome à très bon marché. Néanmoins, cela ne remplacera pas l’espace nécessaire pour circuler mais cela permettrait à ces voitures de retourner se stationner à la maison ou en banlieue où des places seront disponibles. Mieux que cela, le temps de conduite deviendra un temps de travail, productivité ou loisir (lecture...) car la voiture conduira sans assistance.

En conclusion, nous le voyons bien et comme le mouvement Mobilité Montréal le définit, nous faisons tous partie de la solution : en tant qu’individu/citoyen, entreprise citoyenne, agences de transport en mettant en place des applications web pour calculer le meilleur mode de transport au meilleur moment et aussi en tant que villes avec des applications de stationnement. Cela passera de plus par des infrastructures en développement, en accroissant le nombre de lignes de métro, de wagons avec confort nécessaire (places, climatisation…) afin d’inciter de plus en plus de citoyens à quitter leur voiture pour privilégier le transport en commun dans une approche expérience-client.  C’est donc un ensemble de solutions qui permettra de gérer autrement le transport pour ne plus handicaper mais au contraire favoriser le développement de la ville, de son écosystème public-privé, et attirer les investisseurs étrangers.

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