L’inclusion féminine, un gage de prospérité

Publié le 15 décembre 2016, par Vachon, Ruth

La croissance soutenue de la prospérité collective des communautés, petites et grandes, réside dans la contribution de toutes leurs ressources humaines, financières et gouvernementales.

Parmi les ressources sous-représentées en emploi et dans les lieux d’influence et de pouvoir, les femmes — incluant les femmes immigrantes et autochtones — le sont cruellement. Certes, les avancées législatives québécoises couplées à l’implantation de politiques, de stratégies ou de programmes spécifiques ont contribué à l’atteinte de l’égalité de droit entre les femmes et les hommes, mais malheureusement pas à celle de l’égalité de fait.

Bien que plus instruites, on dénombre plus de femmes diplômées au secondaire, au collégial, au baccalauréat et à la maîtrise, et dotées d’expériences de travail plus solides et diversifiées, les femmes doivent s’efforcer de combler un écart salarial encore inéquitable (qui oscille autour de 20 %). De plus, elles brillent par leur absence dans les postes décisionnels dans de nombreux secteurs d’activité. Fait à souligner en 2011, plus du quart des femmes immigréespossèdent un grade universitaire, mais des taux d’activité et d’emploi inférieurs à ceux des femmes natives du Québec.

Les choix de formation étant encore stéréotypés, en 2011, les postes occupés par les femmes (32,6 %) se concentrent dans 10 professions (éducation, soins aux personnes, vente et services et soutien administratif) comparativement aux hommes à 19,7 %. Qu’en est-il en entrepreneuriat ? Les femmes entrepreneures occupent 39 % du secteur en 2014, au même niveau que les travailleuses autonomes à 39,1 %. Nos réseaux recèlent de femmes aux réussites probantes dans des métiers et secteurs non traditionnels et à la tête d’entreprises innovantes ; il importe de les mettre à l’avant.

Élues comme non-élues, la mixité égalitaire est loin d’être atteinte dans les instances gouvernementales, également dans les postes décisionnels et aux conseils d’administration. Le Québec occupe en 2013 la 3e place des provinces canadiennes en matière de représentation des femmes aux conseils d’administration de toutes les catégories de sociétés. Toutefois, il faut mentionner une avancée, la présence de femmes à hauteur de 52,4 % aux conseils d’administration des sociétés d’État.

Cela étant dit, les femmes représentent une ressource compétente, dédiée, audacieuse et prête à contribuer à la prospérité collective. L’approche inclusive où gouvernements, entreprises et associations sont parties prenantes primordiales doit accélérer le rythme, non seulement dans l’adoption de changements d’attitudes et de politiques concrètes, mais surtout dans leurs mises en pratique rapides à tous les niveaux et sur le terrain.

À l’instar de ce que le Réseau des Femmes d’affaires du Québec (RFAQ) fait avec détermination et succès depuis 35 ans, plusieurs regroupements s’emploient à accompagner les femmes — tout autant autochtones qu’immigrées — dans leurs choix et leur développement professionnel, à valoriser et à promouvoir leurs compétences. Ils les encouragent à se faire confiance en prenant le risque de se lancer en affaires, puis en augmentant leur propension à poursuivre pour amener leur entreprise vers un succès durable et des retombées positives dans la communauté. Selon l’Indice entrepreneurial québécois 2016 du Réseau M, les entreprises à propriété féminine qui vivent au-delà de 10 ans sont plus nombreuses que celles des hommes (25,7 % comparativement à 20,3 %)

Force est de constater que cette ouverture à l’autre et à son apport égalitaire — non seulement valable, mais souhaitable et enrichissante pour tous — se positionnent comme un enjeu de société incontournable. Ce n’est pas une affaire de femmes ! Femmes et hommes convaincus, côte à côte, réussiront à changer les choses, notamment en comblant les graves lacunes en main-d’œuvre, en soutenant la croissance des entreprises à propriété féminine déjà solides, fiables et ouvertes à l’international et en amenant des femmes prêtes à siéger aux côtés des hommes dans les comités et conseils d’administration.

En fait, l’inclusion des femmes en emploi est un gage éprouvé de prospérité collective qui mérite d’être accélérée. C’est également un gage de prospérité professionnelle et personnelle pour tout un chacun dont nous avons grandement besoin face à la globalisation des marchés.

 

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