La prospérité au Québec: abaissons les silos

Publié le 30 avril 2015, par Yazidjian, Diana

Je concluais mon premier billet par l’importance du citoyen dans la création de valeur et que son rôle avait évolué de simple témoin à celui d’acteur. Ce changement de paradigme se traduit par l’avancement accéléré des connaissances, la résolution d’enjeux et j’ajouterai, le financement de nos entreprises.

Un nouveau modèle s’apprête à voir le jour qui contribuera également à promouvoir la prospérité au Québec et qui sollicite l’appui du citoyen : le crowdfunding en capital.

À l’instar du crowdfunding à la Kickstarter où un individu sollicite la « foule » via le Web à faire un don à son projet, le modèle du crowdfunding en capital offrira aux citoyens la possibilité de participer au succès non pas des projets, mais des entreprises elles-mêmes en devenant actionnaire.

Ce qui était autrefois réservé aux investisseurs dits « accrédités » qui, de par leur revenu et leurs actifs, pouvaient investir dans toute entreprise privée, sera bientôt mis à disposition de tous un chacun.

Déjà, en deux ans, le financement de projets et d’entreprises par le crowdfunding a quadruplé, pour atteindre $6.8 milliards USD dans le secteur entrepreneurial seul. Une solide communauté virtuelle de donateurs et d’investisseurs s’est formée et ne fait que se consolider, facilitée par le crowdsourcing.

D. Yazidjian

Source: Economist.com

Pratiqué ailleurs dans le monde depuis près de dix ans, le crowdfunding en capital a fait ses preuves et continue des générer des résultats positifs pour l’économie : création d’emplois, stimulation de l’innovation, croissance des ventes des entreprises, etc.

Je vous invite à lire l’étude de Crowdfund Capital Advisors qui a mené des entrevues en profondeur auprès de 87 entreprises ayant réussi leur campagne de financement auprès du grand public. Un aperçu des entreprises financées ci-illustré indique ce modèle profite à tous les secteurs d’activité. OCKYZ, fabricant de chaussettes de natation a levé 100 000 euros sur la plateforme Symbid pour 4% de parts dans son entreprise. Des entreprises des secteurs minier, touristique, technologique, environnemental, sur la plateforme ASSOB.

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Source: Ockyz.com

D. Yazidjian 2

Source: Offerboard.com

Le crowdfunding en capital: l’affaire de tous.

Imaginons un détaillant québécois qui cherche à lever $2 millions Cdn pour ouvrir des nouveaux points de vente. Il pourra présenter son entreprise et ses objectifs sur une plateforme web et solliciter le grand public à investir dans son expansion. Si elle réussit à convaincre les investisseurs potentiels, tout le monde y gagne :

 

 

  • l’entreprise poursuit sa croissance, crée de nouveaux emplois, contribue au PIB;

 

 

  • l’investisseur participe aux bénéfices de l’entreprise et contribue à la richesse du Québec.

 

 

Nous souhaitons voir ce scénario se multiplier au Québec.

Qu’attendons-nous, compte tenu du mal de financement de nos entreprises québécoises?

Ce modèle doit s’inscrire dans un cadre règlementaire pour qu’il puisse être adopté, relevant de l’Autorité des marchés financiers (l’AMF). C’est dans ce contexte que nous travaillons depuis trois ans à sensibiliser l’AMF à définir un cadre qui permet au plus grand nombre d’entreprises d’y souscrire tout en protégeant les investisseurs les moins aguerris. L’AMF a depuis publié une proposition règlementaire (mars 2014) sollicitant l’avis du public. Seule une centaine de commentaires a été reçu, en provenance notamment des acteurs de la finance et du droit des affaires.

C’est dire que le crowdsourcing a du chemin à faire.

Après de nombreuses présentations et conférences dans les milieux d’affaires et de la finance, l’idée nous est ainsi venue de rejoindre le plus grand nombre en fondant la première organisation québécoise dédiée au crowdfunding en capital : Financement participatif en capital Québec, également désigné Equity Crowdfunding Quebec.

Notre mission est claire : éduquer le grand public, les entreprises et les investisseurs sur les opportunités qu’offre ce mode de financement alternatif.

Comme ce modèle concerne tous les acteurs de la société, il est de notre devoir qu’il ne soit plus la chasse gardée du « Lucky few ». Du crowdsourcing : nous commencerons par l’organisation des tables rondes citoyennes et d’affaires qui auront pour objectif premier de décrypter la réglementation proposée et de stimuler les échanges en dehors des silos.

Nous espérons ainsi élever le niveau de connaissance collective et plus important encore, amorcer le dialogue entre les autorités règlementaires et les futurs investisseurs.

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