Les soldes et la prospérité

Publié le 18 août 2015, par Bombardier, Denise

Le phénomène des soldes dans le commerce au détail a toujours existé. Mais de nos jours, nous sommes de plus en plus nombreux, riches ou modestes, à n’acheter qu’en soldes. Les fameux «outlets» ayant en quelque sorte révolutionné nos manières de consommer.

Le paradis des soldes se trouve aux États-Unis, plus spécifiquement en Floride, où l’on peut vivre la désacralisation totale du commerce de la «guenille» de luxe. Je connais peu de millionnaires qui achète de grandes marques de vêtements et accessoires, que ce soit Saint-Laurent, Prada ou Christian Louboutin, à plein prix. J’ai trouvé moi-même des imperméables Burberry, Prada et Fendi à 75 % du prix, et j’aime imaginer la cliente de Bergdorf Goodman qui sort du magasin de Fifth Avenue à New York avec le même imper qu’elle a payé plus de 2000 $. Il y a donc un plaisir, non pas coupable, mais pervers, à devenir une accro des soldes.

La prospérité repose désormais sur les économies impressionnantes que l’on accumule en n’achetant désormais qu’en soldes. C’est une façon de protester aussi contre l’outrance dans la fixation des marges de profit.

Cette désacralisation des objets de luxe a comme corolaire une démocratisation de la qualité voire du goût. Et un autre phénomène s’est aussi généralisé et obtient même ses lettres de noblesse. Les femmes ne dédaignent plus porter une robe achetée à petit prix dans un magasin de soldes avec une paire de sandales Manolo Blahnik. Cette façon de confondre volontairement le luxe et le bas de gamme participe aussi de l’irrévérence en ce qui concerne la consommation.

Les consommateurs d’aujourd’hui, à l’exception des milliardaires, et encore, sont tous avertis. Les gens créent des systèmes parallèles de consommation comme Uber ou Airbnb pour contrer les règles trop rigides, qui les désavantagent et les rendent prisonniers d’une économie dont ils ne veulent plus faire les frais. Les soldes extrêmes que l’on trouve aux États-Unis prouvent que tous les diables peuvent désormais s’habiller à moindre coût en Prada.

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